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 écrits indépendants

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kaeden
Duvet Soyeux
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MessageSujet: écrits indépendants   Sam 23 Juin - 10:08

celui-ci, je l'ai fait rapidos parce que j'avais rien à faire et que le fond me plaisait assez. écrit engagé!


Les Etats-Unis auraient-ils trouvé un moyen de régler le problème de surpopulation de la planète ?


Bonjour papa, tu sais, aujourd’hui, ils ont parlé d’un nouveau jeu à la télé ! En fait, il existe depuis longtemps, mais maintenant, il y a ue version améliorée. Il a l’air intéressant. Et puis il me rapproche de toi, mais maman ne veut pas que j’y joue ! Elle dit que je suis trop jeune. Ca m’énerve, en plus tout le monde y joue, je suis même sûr que tous mes copains en ont le droit, eux ! S’il te plaît, dis à maman de me laisser y jouer aussi. La règle est facile : il suffit de sortir dans la rue mais sans te faire voir parce que sinon, PAF ! t’es éliminé. L’autre règle, c’est d’éliminer tous ceux que tu vois. Tu dois connaître ce jeu, toi, papa. Quand tu étais là, ils en parlaient souvent à la télé mais avant, c’était l’ancienne version : c’était quand quelqu’un te parlait que tu pourais l’éliminer. Et maman m’a même dit qu’il existe une version encore pluuus vieille, cétait quand on était méchant avec toi, c’est vrai, dis ??? J’étais déjà né quand il existait encore, ce jeu ??? Ton jeu à toi c’est le même que le nôtre ou il est encore mieux ??? Dans le nôtre, ona une maison et la chasse s’arrête quand on y est. Ca nous laisse le temps de nous reposer. Maman m’a dit que je pourrais bientôt jouer avec elle, quand je serais plus grand, et que j’auraisplus de points de force, de défense, de vitesse et de vie, c’est cool ! A quel âge tu as pu jouer, toi ? A dix ans ? Comme ça, dans un an, je pourrais aussi jouer ! Hier, maman set rentrée en souriant. Je pense que c’est parce qu’il y allait avoir la nouvelle version, et puis elle m’a aussi dit qu’elle avait éliminé deux bonshommes qui voulaient lui faire du mal. En plus, elle a gagné encore plus de points parce qu’ils étaient noirs. Elle était aussi contente parce qu’ils enlèvent la prison comme gage. Mais avant, il faut aller éliminer tous ceux qui sont dedans, mais tout le monde veut y aller parce que comme il y a presque que des bonshommes noirs, on peut gagner plein de points !!! Qu’est-ce que j’aimerais être assez grand pour pouvoir jouer !!! Mais maman va quand même y aller, elle a pas peur de sortir de la maison !!! Elle est courageuse, maman. Comme toi ! Est-ce que tu as bientôt terminé ton jeu ? Parce que d’après maman, il y a de moins en moins de joueurs dans les rues. Elle dit que tout le monde reste dans sa maison pour reprendre des forces et que si ça continue, ils vont nous enlever nos maisons et qu’on pourra rentrer jouer chez les autres. Elle dit qu’ils auront tort de faire ça parce que les gens seront obligés de sortir pour chercher à manger de toute façon. Et puis elle dit aussi que ce serait dommage que le jeu se termine avant que je sois assez gtrand pour y participer. Je suis d’accord avec maman. Ce serait vraiment pas juste ! (maman appelle ça l’inégalité) Bon, maman m’appelle : ils montrent l’avancement du jeu à la télé. J’espère que le tien se termine bientôt, comme ça je pourrais bvoir cmment tu joues. Au revoir, papa.
John

-Flash spécial. Plus de trois mille victimes aujourd’hui dans les rues de … le gouvernement autorise dès à présent une hausse des moyens financiers en raison du nombe insuffisant … droit d’intervenir dans la propriété d’autrui … pas de conséquences judiciaires…

petite note historique : c'est lors du 2nd amendement de la Constitution américaine, en 1791, qu'est autorisé le port d'armes.
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Amnesy
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MessageSujet: Re: écrits indépendants   Sam 23 Juin - 18:25

Ca me fait penser à "Running man" de Stephen King, et les autres écrits qu'on était fait sur les jeux comme ça aux Etats unis (réels ou non) lol

perso j'ai pas trop aimé, entre le style et la façon dont le sujet est tourné, mais c'est bien d'être engagé 8)
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kaeden
Duvet Soyeux
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MessageSujet: thème : le Masque   Lun 18 Fév - 20:51

L'outil du Magicien, par Massimilien Quernel


La scène ! Enfin ! C'est à moi ! C'est mon tour ! Lentement, fébrile, farouche, je marche derrière le rideau, personne ne peut encore me voir. L'émotion m'envahit, me submerge, transpire. Je la sens couler dans le creux de mes omoplates, suivre la ligne de ma colonne vertébrale. Et j'aime. Je savoure cet instant, cette seconde qui nous paraît durer tellement longtemps, les frissons qu'elle procure. C'est la première fois que je gravis les planches, la première fois que je vais être confronté à un vrai public, critique, celui-là qui a droit de vie ou de mort sur le but de ma vie, celui-là qui enterrera mon nom ou le portera aux nues. A présent, j'avance, sous les faisceaux lumineux qui m'éblouissent. Mais je n'en laisse rien paraître. Mon sourire s'élargit au fur et à mesure que je m'approche du devant de la scène. Je sens la sueur me glacer et souris de plus belle.
Les acclamations sont polies : les spectateurs attendent des preuves !

La musique s'élance, forte, oppressante, mais claire cependant. Au programme : Lascia chi'o pianga, tiré de l'opéra « Rinaldo », de Händel. Puis la mélodie baisse progressivement pour laisser ma voix prendre le dessus. Seule reste un semblant d'instruments, juste assez fort pour m'accompagner, de loin. Habituellement neutre, ma voix monte, atteint l'aigu, devient perçante, retombe. Je la module à ma guise. J'en joue. J'en jouis. Mais je vois bien les spectateurs hésiter. Que faire ? Mystifié, je me mets en mouvement, je n'ai que quatre minutes devant moi. Ce sera suffisant, mais je ne peux me permettre de traîner.
Mon corps tourne sur lui même, soulevant mes bras, à l'horizontale, lancés devant moi, vers les spectateurs. Je chante, je gémis, je gronde. De loin, j'entends quelques timides applaudissements. Tout a coup, valsant avec moi-même, je tourne le dos au public. Une seconde. Je suis voilé par une nuée de foulards chamarrés s'échappant de mes poches et mes manches, comme emportés par un souffle violent. Je fais à nouveau face à l'auditoire dans un tonnerre crissant de violoncelles.

Mon queue-de-pie, noir comme la suie, avait disparu pour laisser la place à un costume carrelé multicolore, à la Polichinelle. Je m'avance sur le devant de la scène, triomphant, et m'incline dans d'amples gestes. Me relevant, mes mains se lèvent vers mon visage, laissant les spectateurs découvrir un loup figurant un clown joufflu, à la face fendue d'un énorme sourire. Lippu, les yeux cerclés de rouge, je concède qu'il était un peu angoissant et les quelques couinements que je perçus confirmèrent mon impression. De plus, le temps que l'enveloppe de foulards atteigne le sol, j'avais gagné trente centimètres, ce qui rendait mon personnage encore plus saisissant. Les gens occupant les premiers rangs, en contrebas de la scène levaient bien haut les yeux, afin de soutenir le regard déstabilisant de l'être que j'incarnais. Jouant mon rôle jusqu'au bout, je partis dans un long rire hystérique, avant de tourbillonner sur moi-même avec pour seul orchestre mes hurlements grotesques. Je cessais mes frasques quelques secondes plus tard. Je percevais de façon plus nette les geignements qu'arrachait mon comportement aux enfants.
Dos au public, je plongeais mes mains dans mes poches, fourrageais un instant à l'intérieur pour les ressortir et jeter des poignées pleines de paillettes scintillantes.
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kaeden
Duvet Soyeux
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MessageSujet: Re: écrits indépendants   Lun 18 Fév - 20:57

La musique reprit inopinément et je me retrouvais vêtu d'un ensemble très bien coupé, noir et blanc, s'associant à un visage de carton pâte blanc, élégamment décoré de partitions musicales et de fioritures végétales noires et dorées. Un chapeau melon fondit sur moi. Je l'attrape avec indolence et le pose délicatement sur ma tête. Les acclamations vont bon train à présent. La foule se réchauffe, faisant naître un sourire qui éclaire mon visage, derrière mon masque inexpressif. Quant à mon costume, bicolore, spiralé, je me rappelle la première fois que je posais les yeux dessus. Il m'avait donné le tournis, j'étais resté devant durant un temps assez long, immobile, hypnotisé, emporté par les torsades noires et blanches. Je me figure avec un réel délice les spectateurs pris de vertiges, incapables de détacher leur regard de l'illusion d'optique constituant ma tenue. Et là je les tiendrais ! Derrière mon loup, mon visage se fend d'un solide sourire. Je n'ai pas à attendre que déjà, la musique répand progressivement ses modulations dans la salle. Jetant mon chapeau en l'air, j'effectue frénétiquement quelques roues, le rattrapant à l'arrivée. Au bout de la neuvième, je m'arrête net, fais face au public, et dénoue les cordes qui retenaient le masque.
Dans le même temps, un voile turquoise aux reflets satinés choit sur la scène aussi légèrement qu'une feuille morte. Il arrive au dessus de ma tête et de toute son étendue, continue sa chute. Sous lui, je disparais. La gaze est déployée sur les planches, lisse, sans aucun relief.

Brusquement, un souffle déplace le voile, je me relève et opine du chef, affichant cette fois une face pleureuse, un visage artificiel tordu par la douleur. En outre, me voilà attifé d'une voilure assez informe, avec des plis, plusieurs épaisseurs. Impossible de savoir comment elle tient. La couleur réelle du matériau est indéfinissable. Bleue ou verte? Et là, j'entr'aperçois avec amusement les regards éberlués chercher sans résultat le rectangle de tissu sur l'estrade, pour finalement, se tourner à nouveau vers ma personne. En face de moi, on hoche la tête de contentement, on se regarde, les yeux fendus, des fossettes autour de la bouche et les pommettes rehaussées, on chuchote. Tout cela pour mon plus grand bonheur. On scrute mon personnage boursoufflé, au visage rougeaud. Le tissu enveloppe un corps bedonnant et gauche, les épaules rentrées en avant, le dos cassé et les jambes pliées de moitié.
Je recommence à chanter, ma voix devenant subitement aussi aiguë que celle d'une femme. Je sors de sous ma toge improvisée une petite sphère translucide de cinq centimètres de diamètre et l'expose aux yeux des spectateurs. Je les vois froncer les sourcils, sans savoir ce à quoi s'attendre. Je titille leur patience en m'avançant à gauche de la scène, puis à droite, afin que tout le monde pût admirer le prestige lové dans ma main gauche. Avec d'infinies précautions, agissant avec une délicatesse mirifique, je pris la petite boule entre le pouce et l'index de la main droite, la levait au dessus de ma tête, les bras quelque peu tendus devant moi. La totalité des regards était tournée vers l'extraordinaire objet que j'avais en ma possession et cela provoqua en moi une vague de jouissance intense, une exultation extrême, un plaisir indicible. La conscience d'être, pour un instant, le centre d'un univers, et posséder en outre, le pouvoir de faire durer cet instant autant que je le désirerais. Je levais ma main libre, et, comme un enfant jouant aux billes, posais l'extrémité de mon index sur le revers de mon pouce ; puis, je m'immobilisais une demi-seconde. Pendant que le public, galvanisé, réalisait ce qui allait suivre, je relâchais l'entrave de mon doigt. Une fumée blanche s'épanche autour de moi, d'abord blanche, puis se dégradant suivant les couleurs du spectre, adoptant successivement des couleurs chatoyantes, sombres, pâles, graves. En un instant elle s'évapore. Durant toute cette mise en scène, jamais je n'ai cessé ma litanie.
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kaeden
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MessageSujet: Re: écrits indépendants   Lun 18 Fév - 21:00

Et voilà que tous les admirateurs se trouvent face à une femme aux courbes rondes, une rivière de cheveux roux et bouclés tombant sur ses épaules à demi nues. Elle porte une robe vert d'eau qui tombe à terre. De son visage, rien n'est dévoilé si ce n'est ses yeux, bleus : un loup couleur émeraude, dont elle tient le tuteur à la main, lui cache le haut du visage et un foulard d'un mauve éclatant, tout en plis, attaché au masque, retombe sur ses joues, sa bouche et son menton. Elle n'a pas cessé de chanter. On entend qu'elle.
A présent, lentement, je recule à l'arrière de la scène. La musique a repris et amplifie jusqu'à couvrir ma voix. Une toile ocre descend lentement vers le sol. Elle et parfaitement tendue, retenue aux quatre coins par des filins invisibles pour quelqu'un d'éloigné. Durant l'affaissement, chute une forme oblongue qui rebondit une fois, incurvant quelque peu le voile sous la force de la projection. Il continue son trajet, inexorablement. Arrivé par terre, c'est un pinceau à brosse épaisse que j'attrape, tombant du ciel, adressant mon sourire indélébile aux spectateurs. Je m'avance à petits pas, ma robe étant pour le moins étroite, je me baisse avec l'agilité d'un gymnaste, me saisis de la sorte d'œuf par une extrémité, celle-ci étant dotée de cinq interstices. De ma main libre, j'ai glissé mes doigts dans les cinq fentes de l'autre extrémité, ai tordu mon poignet de façon à ouvrir le couvercle de mon artéfact. Brandissant le pinceau, je le plonge bientôt dans l'œuf pour le ressortir, et, d'un geste rapide, fendre l'air horizontalement devant moi. En face, on sursaute, recule dans son siège. Je crois entendre les cœurs battre à tout rompre, ou au contraire, manquer un battement. On lance des regards désemparés. Futilement. Rien ne vient éclabousser personne. Le liquide rouge et opaque vint se répandre sur une vitre, parfaitement transparente, et dégouliner. Je réitère le geste un certain nombre de fois jusqu'à obtenir un pan de vitre parfaitement uni me cachant entièrement. Le liquide, très aqueux, ne cesse de couler et au bout de quelques secondes, seuls restent des traînées cinabrines, translucides. Et moi, posté derrière la vitre.

Je revêts un costume brun-gris strié de minces traits bruns foncés horizontaux, assorti d'une chemise d'un blanc cassé. En guise de tête, un bec effilé et pointu, noir, rattaché à un masque englobant la totalité du crâne, brun et composé de plumes, dépourvu d'orifice pour les yeux. À la place, deux globes noirs et luisants au travers desquels cependant, le porteur voit.

Résulta un tonnerre d'applaudissements. Je m'inclinais bien bas, et dus revenir quatre fois sur scène ce qui, plus que me surprendre, m'émerveilla et me procura un plaisir encore jamais ressenti, ou du moins, à un degré bien inférieur. En outre, s'imposa l'éphémère certitude accompagnant l'euphorie, que ma vie n'avait d'intérêt que dans l'accomplissement de mes prouesses, et dans la procuration de plaisirs anonymes.
De retour dans ma loge miteuse, je m'effondrais sur un tabouret les yeux dans le vide, sans parvenir à décoller de mon visage, mon sourire béat. Je levais les yeux vers mon miroir, ôtais le masque à figure d'oiseau et observais mon propre visage. Sur la glace, une phrase, écrite au crayon noir : Quand l'homme se regarde beaucoup lui-même, il en arrive à ne plus voir quel est son visage et quel est son masque.
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