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 Réminiscence - Prologue (5)

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AuteurMessage
Eskhar Hygan
Duvet Soyeux
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Nombre de messages : 9
Date d'inscription : 25/04/2007

MessageSujet: Réminiscence - Prologue (5)   Lun 14 Mai - 11:40

Hop, me voilà de retour (pour vous jouer un mauvais t-...*SBAF!*). J'ai décidé de poster un peu de mon roman ce coup-ci... Rien de très ambitieux, je laisse place à la pure éclate sur ce projet: j'écris ce que j'aime (ceux qui auront lu ma présentation peuvent donc se douter du contenu....). Je m'excuse d'avance pour le titre, qui est très nul, mais les titres ne sont pas mon fort (et j'ai toujours appris que c'était ce qu'on mettait en dernier, or je n'ai écrit que les 2 premiers chapitres XD, donc, ce n'est pas ma priorité pour l'instant...)
Par contre, j'avoue m'être avancé un peu en parlant d'action... Non seulement ce prologue est assez mou, mais en plus il est au présent, l'histoire ne commençant à proprement parler qu'au chapitre suivant, et dans une orientation totalement différente (j'espère juste que ce chapitre1 ne vous rebutera pas complêtement ^^'). Que dire d'autre... Arf, oui, mon héros (enfin, celui que l'on suit pour l'instant) est homosexuel... J'ai décidé ça comme j'aurais pu lui donner des cheveux blonds, ça n'aura pas le moindre impact dans l'histoire, et il n'y aura surement pas de romance... J'en avais juste un peu marre de ne voir les gays mis en scène que dans des histoires absolument orientées sur la question, la romance, ou encore dans les rôles de méchants efféminés... XD


Prologue :

Le début d’un cauchemar…



L’horloge sonne trois heures, trois coups dont la vibration grave et métallique reste en suspend dans l’atmosphère, comme si le temps s’était dilaté dans la pièce baignée seulement par la clarté de la lune… Le bruit de la pluie drue qui s’abat sur les carreaux résonne, couvrant les sanglots du jeune adolescent qui se trouve assis dans le recoin le plus sombre de la chambre, les bras repliés autour de ses jambes et la tête dans les genoux. Cela fait trois heures qu’il est secoué de tremblements, respirant par à coups brefs et irréguliers, sans pouvoir s’arrêter….
A chaque battement de son cœur, une douleur sourde irradie tout son être, une souffrance psychique qui le ronge au point d’en devenir physique. Il la sent, battant derrière ses paupières, dévorant sa poitrine comme un parasite monstrueux ; si forte qu’elle semble se répandre tout autour de lui, telle une aura persistante et malsaine… Trois heures qu’il tente de l’évacuer, comme autant de gouttelettes d’acides, deux ruisseaux purulents le long de ses joues, de son cou, et qui refusent pourtant de se tarir…

Comment imaginer que ça ferait si mal, qu’un geste si infime pourrait avoir pareille conséquence …
Il voudrait n’avoir rien fait, avoir la possibilité de remonter dans le temps pour tout effacer, tout remettre en ordre. Il savait pourtant… Mais cet instant appartient au passé déjà, et il ne peut plus rien y changer.

Un amour secret, si fort, si intense, source de tant de chaleur et d’espérances, réduits en cette heure à de vaines illusions… C’est pour cela qu’il pleure, pour la simple illusion d’un moment d’intimité à partager, comme une invitation à se dévoiler…Dévoiler son cœur, ses sentiments, il l’a fait. Et le mirage s’est aussitôt dissipé. A la vérité, il n’a même duré qu’une seconde, si belle et néanmoins si désespérée, si implorante, si… éphémère.

Alors pourquoi tant de douleur ? Trois heures à sangloter sur cette unique seconde, n’est-ce pas exagéré ?

Oui, un peu.

Il se sent ridicule de se laisser ainsi ébranler, et les larmes deviennent amères. Au goût du regret s’ajoute celui de la colère. Contre lui-même, pour ne pas réussir à surmonter ce rejet alors qu’il en a vécu bien d’autres. Est-ce seulement encore pour cela qu’il pleure ? Il ne sait plus très bien… Il est seul, la maison est vide. En fait, il a du mal à se souvenir la dernière fois où du monde a foulé le parquet en bas, cela remonte sans doute à longtemps. Anormalement longtemps pour un jeune adolescent chéri par sa famille…

Ils sont tous partis.

La sentence résonne étrangement, en échos, créant une distorsion inquiétante, suintante d’une vérité trop lourde à supporter.

Non.

Il reste son ami. A condition que celui-ci accepte de lui adresser à nouveau la parole après ce qui vient d’arriver… Le téléphone a sonné à plusieurs reprises moins d’une heure auparavant, il s’en souvient vaguement, mais il a refusé d’y répondre et depuis plus rien. Encore une chose qu’il regrette, maintenant même la pluie semble avoir été dévorée par le silence… Peut-être devrait-il rappeler, lui ? Après tout, personne n’est à l’abri d’un moment d’égarement, il saurait sûrement lui pardonner. Une amitié, rien de plus, il avait compris, cela suffirait… Ne lui restait qu’à se calmer, sécher ses larmes, et saisir le combiné, malgré la peur d’un nouveau rejet et son orgueil qui lui murmurait de préserver sa dignité déjà bien entamée…

Recroquevillé sur lui-même, son esprit n’a de cesse de ressasser la scène encore et encore, par flashs, d’imaginer divers scénarios qui auraient pu éviter ce stupide baiser qui n’en méritait même pas l’appellation. Frôlement. D’autres pour tenter de réparer ce qui peut l’être…La fatigue et la tristesse lui brouillent l’esprit. Lentement l’obscurité l’envahit.


Apaisant sommeil refuge…

Si court… La scène reprend la seconde suivante.

Une vive sonnerie lui vrille le crâne, il a la migraine. Il veut retrouver ses ténèbres… déjà le battement de la pluie le berce. Un bon signe, le silence oppressant a perdu du terrain.

La sonnerie retentit une nouvelle fois, et il en identifie la provenance : la porte d’entrée. Son cœur s’accélère soudainement. Il est quatre heures moins le quart. Ce ne sont pas ses parents, ils sont absents. Partis. Alors qui sinon… ?

Maintenant, son cœur s’affole. Il ferme les yeux un bref instant, déglutit, cherche ce qu’il faut dire, comment le dire. Mais déjà la porte lui fait face, il n’a même pas senti son corps bouger, un brouillard dense semble avoir envahi le rez-de-chaussée et s’engouffre à présent en direction de l’étage, comme un sinistre présage. Une petite voix s’élève à l’arrière de son crâne, en alerte, à la fois si omniprésente et si diffuse qu’elle lui échappe pour se dissoudre dans la brume environnante.

Il ne sait plus, il entend la rumeur mais ne comprend rien, et doucement sa main déverrouille la porte, tourne la poignée, offre l’accès au visiteur dont il n’a pas pris la peine de vérifier l’identité.

Bien sûr, tous ses doutes s’évaporent. Il s’agit bien de celui qu’il attendait, il reconnaît son blouson sous la pluie torrentielle même s’il ne distingue pas son visage.

Ne persiste qu’une légère appréhension. Et ce brouillard.

Mais, son attention est entièrement dévouée à son compagnon. Bien que ce dernier reste immobile et silencieux, il devine son regard. Et l’étau dans sa gorge se desserre sous un flot de paroles. Explications, excuses, implorations, il n’a pas réellement conscience de ses propres mots. C’est un autre lui qui s’exprime à sa place, avec cette maladresse qu’il se connaît pourtant bien. La scène est surréaliste, peut-être est-ce ce que l’on ressent lors d’un déplacement astral ?

Peu importe. Acteur ou spectateur, ce qu’il attend, c’est un verdict, une réaction, tout sauf ce mutisme qui en dit plus que n’importe quel mot, tout sauf ce silence qui semble aspirer jusqu’à la lumière.

C’est alors qu’il remarque la tâche qui macule le col du garçon en face de lui.

Noirâtre.

La petite voix s’est ranimée depuis un moment déjà, et la rumeur bourdonne comme jamais, répandant l’inquiétude dans les méandres de tout son être. Cette petite voix qui lui est si familière, tellement qu’il se demande tout à coup si elle ne l’accompagne pas depuis toujours… Il l’entend clairement maintenant, n’en distingue toujours pas les propos, mais en saisit le sens, et pourtant, il s’approche, tend la main pour prendre celle de l’autre. Il faut vérifier, n’est-ce pas ? Espérer juste une fois, que la rumeur a tort ?

Le contact est poisseux. Baissant pour la première fois les yeux, il contemple les rigoles rouge sombre qui s’écoulent paresseusement le long des doigts pour aller s’écraser sur les dalles du perron. Les ongles sont noircis, la peau parcheminée et gonflée.

Plus attentif, il perçoit aussitôt la fragrance entêtante, ainsi que le gargouillis rauque émanant vraisemblablement d’une gorge. A contrecœur, il relève le regard en direction du visage de son ami, que la lueur d’une lune étrangement absente s’est décidée à dévoiler.


La plus pure frayeur s’empare de lui lorsqu’il découvre ses yeux luisants. Blancs. Aveugles. Injectés de sang et cernés de veines bleuâtres qui strient un visage putréfié. L’os de l’arcade dentaire est visible à travers la chair lacérée. La blessure est de nature gangreneuse, constellée de points blancs mobiles qui se livrent à un festin répugnant.

Un cadavre. L’odeur devrait être fétide. La créature semble tout droit sortie d’un cauchemar, et néanmoins ce visage, bien que différent de celui de ses souvenirs, appartient indéniablement à son meilleur ami. Il ne comprend pas ce qui arrive. L’autre reste silencieux. Un liquide noir suinte de sa bouche tandis qu’elle se déforme en un rictus abominable, dévoilant des dents pourries…. Il devrait être terrifié, mais il n’esquisse pas le moindre mouvement lorsque le non-mort se jette à son cou.

La motion est comme ralentie, la douleur inhumaine. L’aorte se déchire sous la morsure infligée, déversant un jet d’hémoglobine sur son torse. Du sang s’engouffre dans son œsophage déchiré, l’étouffant, puis remonte dans sa gorge et gicle entre ses lèvres.

Il se fait dévorer. Il sent les parcelles de muscle arrachées, mais très vite, la douleur diminue, au fur et à mesure qu’il se vide. Qu’il se remplit ?... Encore une chose qu’il ne distingue plus clairement, tout ce qu’il sent, c’est une chaleur douce et délicieuse, comme s’il s’agissait là d’un accomplissement…

Tout devient si incohérent, il ne sait pas si c’est l’approche de la mort ou le sang qui lui monte à la tête. Il glisse la main dans les cheveux de son ami, comme s’il n’était pas devenu un monstre... Cela importe peu de toute façon. Il est venu pour lui, pour les réunir, fusionner.

Absorber la chaire pour apaiser son calvaire. Il ressent plus qu’il ne comprend, mais tout semble d’une logique incontestable.

Et il l’invite à continuer, caressant sa nuque du bout des doigts, offrant son cou à ses baisers si avides. Il lui murmure des paroles tendres, alors que sa vision s’assombrit, jusqu’à ce que les ténèbres s’ouvrent à lui.

Les battements de son cœur, qui frappent à ses tempes comme des tambours puissants, ralentissent inexorablement. Puis cessent tout à fait. Des larmes de soulagement ruissellent le long de ses joues éclaboussées de sang. Ses sens se brouillent. Il ne ressent plus rien. Ni souffrance. Ni regrets. Le souvenir de la scène disparaît, en même temps que son amour, que sa tristesse, en même temps que tout le reste. Il flotte quelques secondes hors de son enveloppe charnelle… Et doucement se désagrège, dissout dans le néant…. Tandis qu’un profond craquement retentit dans sa nuque et que son cadavre décapité glisse sur le sol.


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